Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Louis Ferdinand Céline en photo

Colette Destouches

7 Avril 2006, 08:55am

Publié par Bardamu

Colette Destouches, fille de Louis Ferdinand Destouches

Commenter cet article
R


Editions à comptes de gogos



Il m'arrive de lire avec malice les témoignages pitoyables -mais si drôles- des victimes d'arnaques des éditions à comptes d'auteurs.

Un grand classique du genre où tout observateur de l'humanité peut se repaître à loisir du spectacle de ses semblables s'enlisant dans cette mélasse appelée fatuité.

Le théâtre des guignols agités par la Vanité m'amuse follement, même si d'un autre côté il m'attriste également.

La comédie est toujours la même, elle dure depuis que le monde est monde. Seules les marionnettes changent au fil des siècles, ainsi que le décor au gré des circonstances. Dans cette pièce
immortelle, plus grand succès de tous les temps, le premier rôle est incarné par la Bêtise.

Je suis effaré devant la crédulité, la naïveté, mais aussi l'égotisme, l'infatuation des auteurs du dimanche prêts à accepter de payer des "éditeurs" pour être publiés...

Etre aveugle à ce point tient du phénomène.

Des gens instruits, responsables, compétents dans leurs domaines, parfaitement sensés par ailleurs, adoptent dans certaines circonstances des comportements puérils, absurdes, ineptes, comme si
une subite cécité mentale leur ôtait tout discernement, éblouis par des mirages tellement grotesques que même un adolescent moyennement éveillé les piétinerait avec dédain.

Les écrivains de foire sont décidément d'obèses pigeons qui, écrivant avec leurs propres et molles plumes, croient dur comme fer au Père Noël.

Accepter de se faire publier à compte d'auteur... N'importe quel quidam se rendrait compte sur le champ qu'il s'agit d'une escroquerie pure et simple.

Eux, non.

La fausseté de l'affaire est tellement évidente qu'on se demande comment les intéressés eux-mêmes ne s'en aperçoivent pas...

Les auteurs du dimanche sont une race à part. Nourris d'illusions, abreuvés d'espoirs de poires, enivrés de fumées, ils ne doutent pas un instant de la sincérité des éloges que les éditeurs à
comptes d'auteurs leur adressent, accompagnés de promesses en or.

Pour résultats en toc.

Bref, ils payent et se retrouvent bien évidemment floués. Avec sur les bras des caisses remplies de leurs chefs-d'oeuvre incompris encombrant le grenier. Payés au prix fort, voire très
fort...

Comiquement prévisible. Plus c'est gros, mieux ça fonctionne.

Ces fats qui font preuve d'un tel degré de sottise méritent bien l'amère leçon du sort ! Le véritable responsable n'est pas l'éditeur mais bel et bien le volatile qui se fait volontairement
plumer, victime de sa propre vanité.

En définitive la mésaventure financière de ces plumitifs est très morale car édifiante : c'est toujours à ce moment là qu'ils se réveillent.

Le rideau tombe, la pièce est terminée, personne n'applaudit.

Mais l'homme a grandi : l'oiseau ayant perdu ses kilos de vanité, le piètre auteur peut enfin prendre de la hauteur.





Raphaël Zacharie de IZARRA




Répondre
P
...Pov'RZdI qui doit bien souffrir !!!
Répondre
J
Bien sûr, que le texte appartenant soi-disant à Céline n'est pas de lui !Raphaël Zacharie est coutumier du fait... On le trouve de temps en temps sur des sites littéraires où il place ses propres textes, toujours d'ailleurs assez révoltés et haineux... Cela lui sert de prétexte pour faire passer sa prose ! RZ semble en vouloir à la terre entière...Plus sérieusement, je voulais dire ici combien j'admire depuis toujours l'oeuvre de Céline. L'une de mes bibles restera toujours "Voyage au bout de la nuit". Presque aussitôt après vient "Mort à crédit".J'ai toujours pensé qu'il avait été accusé à tort lors de la dernière guerre et je me suis à chaque fois acharnée à prendre sa défense lorsque je rencontrais des lecteurs hostiles. Alors, en hommage à cet immense auteur, j'ai profité de mon dernier roman (sortie fin avril, début mai 2008) pour, en quelque sorte, le réhabiliter... Bien modestement, mais à ma façon.Justine Mérieau - Romancière et nouvelliste http://www.merieau.fr
Répondre
B
Réponse à RAPHAEL ZACHARIE DE IZARRA Il est tiré d’où ce texte ? Ca ressemble à tout et à rien, mais surtout pas à du Céline. Je pense que tu t’es trompé. Céline ne haïssait pas l’humanité. Jusqu’à la fin de ses jours il à continué à soigner les pauvres, et bien souvent gratuitement. Ce texte ne peut pas être de Céline
Répondre
R
(Un texte peu connu de Louis-Ferdinand Céline) MISANTHROPE Les autres m'indisposent. Je ne souffre pas la proximité de mon prochain. J'abhorre ce qui ne me ressemble pas, celui qui ne porte pas le même chapeau que moi, ceux qui ne mangent pas le foin servit dans mon écurie, l'humanité qui ne boit pas à la fontaine sise dans mon petit verger, et en définitive n'aime que moi-même. Répondre "Bonjour" à un autre "Bonjour" étant pour moi un authentique supplice matinal, on me traite de mal élevé sous prétexte que je rends la politesse sous forme de hautain silence précédé d'un ou deux puissants crachats en direction de mes agresseurs. Incompris de tous, j'ai fini par adopter le port de gants roses et de dentelles blanches autour du cou accompagnés d'une discrète arrogance au bord des lèvres. J'ai remarqué que cela faisait médire encore plus, avivait des passions funestes à mon endroit... Aux foules agitées qui me cherchent des noises avec leurs incompréhensibles allées et venues, aux passants pressés qui me frôlent dans la rue comme si je n'existais pas et dont les visages méconnus ne m'inspirent que méfiance, haine, dégoût, je préfère la douce, calme compagnie des tombes. Elles au moins me foutent la paix. Je fuis tout ce qui s'apparente à un bipède en mouvement. Je me venge des vivants en allant régulièrement narguer les morts dans les cimetières. Lors de mes visites aux hôtes bien éduqués des nécropoles, qui pas une fois n'ont eu l'outrecuidance de m'importuner, je puis cracher sans entrave sur tous les Dupont que je croise. Décalcifiés depuis des lustres, débarrassés de tout orgueil mal placé, couverts de dalles, de stèles et de terre grasse, eux ne trouvent rien à redire à mes jets de salive. J'en ai conclu que dans ce monde les hommes les plus fréquentables sont ceux qui se trouvent à six pieds sous mes semelles. Louis-Ferdinand Céline
Répondre