Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Louis Ferdinand Céline en photo

Le jardin hanté de la veuve Céline

8 Février 2011, 14:11pm

Publié par Bardamu

167804790

Dans le Bas Meudon (Hauts-de-Seine), se trouve un jardin hors du temps, celui de Lucette Destouches, née Almanzor, la veuve de Louis-Ferdinand Céline.

 

C'est écrit en gros caractères sur la boîte à lettres : « Destouches ». Pas d'erreur, le domaine que l'on entrevoit derrière les barreaux de la grille rouillée est bien celui de la veuve Céline. Le temps s'y est figé depuis la mort de l'écrivain, le 1er juillet 1961. Marie-Ange, la gardienne du temple, celle qui veille sur les 96 ans de « Madame », accueille le visiteur. « Vous pouvez faire un tour si vous voulez ».
La neige grince sous les pas. Des arbres qui ont trop poussé cachent en partie la maison recouverte de lierre. Depuis la grande fenêtre du rez-de-chaussée, un perroquet blanc dévisage les intrus. C'est Toto, « Madame l'a trouvé dans un bois de Meudon il y a 35 ans, c'est le même que celui de Céline » explique Marie-Ange. Madame dort au premier étage, dans la chambre où son mari s'est éteint. Par fidélité, elle n'a jamais voulu la quitter.
Le coup de foudre remonte à 1936. Elle avait 23 ans, il en avait 41. Elle était une danseuse qui ne lisait pas, il avait écrit le Voyage au bout de la nuit. Céline, terrifié par la déliquescence des chairs, avait aimé la rigueur physique de Lucette. « Chaque jour encore, madame parle amoureusement de Louis » souffle la dame de compagnie.
C'est comme si le maudit de Meudon était toujours là. Dans l'ombre d'une charmille, sa silhouette voûtée, emmitouflée dans un chandail, se dessine, traverse le jardin. Derrière la maison, la belle terrasse est devenue une vulgaire dalle de béton recouverte de ronces. Une baignoire-sabot mangée par la mousse domine un bric à brac de souvenirs.  Les chaises d'osier sur lesquelles l'écrivain recevait sont éventrées.
Aujourd'hui, ce qui reste du chat Bébert repose sous un sapin. Un peu plus loin gît la chienne Bessy dont Céline a raconté la mort dans D'un château l'autre. « Elle était dans le sens du souvenir, d'où elle était venue, du Nord, du Danemark, le museau au nord, tourné nord. [...] Les bois de Meudon lui disaient rien... Elle est morte sur deux... trois petits râles [...] sans du tout se plaindre. ».
Cela fait des années que Lucette Destouches ne quitte plus son jardin. Le monde d'aujourd'hui la désespère. Depuis son enclave, elle veille sur ses fantômes, monte la garde contre le temps qui passe

Commenter cet article

omnitech reviews 30/12/2014 12:18

The new construction style of the garden seems to have a pathetic condition. How can people reside and walk in in these kinds of places? I would suggest you guys to do an overall make over so that it becomes a perfect place for people to hang out. It was good post shared here.

Leandro 05/12/2014 18:59

CHE MAGNIFICA PERSONA L.F..CELINE! GRAZIE...!

Silvain 31/03/2011 01:03



Bonjour,


je suis meudonnais depuis quelques années et je voulais vous demander si vous saviez ce que deviendra cette maison à la mort de cette femme admirable.


Bravo pour le magnifique travail sur le blog.



rem i am 21/03/2011 10:20



super site sur l'artiste. de notre coté, nous avons fait un dossier concernant la polémique, je pense que ça peut intéresser


 


http://cultiz.com/blog/l-f-celine-l%E2%80%99homme-ou-l%E2%80%99ecrivain/



lorenzo 27/02/2011 13:35



Matin d'hiver, avec encore la musique, les mots de Céline.


Dans le Voyage permanent avec lui, avec moi, ensemble. En un instant, sans tourner autour, il m'aide toujours à entrer dans l'essentiel, loin du bafouillage. Dans le mille
!


 Avec
ce cher Ferdinand je suis bien à mon aise. Un autre temps, peut être  avant, mais aussi bien présent.


Comme à chaque fois ce même besoin de l’entendre à mon oreille, comme les vents qui changent et poussent
d’invisibles airs, quelquefois chauds, rieurs, moqueurs, quelquefois  froids, tranchants, vifs, rarement tièdes, toujours vrais.


Difficile, presque impossible depuis mes 20 ans, j’en ai 48, d’être avec d’autres « créateurs »,
tous ou presque dans le cinéma, le scénario, la fausse musique…moi jamais je ne m’ennuie à son jazz.


Beaucoup aujourd’hui écrivent et nous parlent de lui, souvent trop souvent grands bafouillages
mercantiles.


Ils m’amusent, mais je préfère lire et relire mon favori


 Je te salue Céline


l'esprit aussi ne meurt jamais !